Notre-Dame de Pépiole Bienvenue dans notre chapelle

Mercredi 15 mars 2023

Quand tu pries, deviens comme le Sage au plus profond de la fosse

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Dans un siècle de violences, de peurs, d'épidémies, les lions semblent avoir envahi tous les territoires de notre monde ! Les lions sont féroces. Personne ne glisserait ses doigts dans leurs mâchoires. Sur la toge de Daniel, l'homme de Dieu jeté dans la fosse, on imagine déjà les griffures de leurs pattes.

Discours des insensés : « Que notre force soit la norme de la justice, car ce qui est faible s'avère inutile. Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie. Il prétend posséder la connaissance de Dieu, et se nomme lui-même enfant du Seigneur. Il est un démenti pour nos idées, sa seule présence nous pèse. Voyons si ses paroles sont vraies, regardons comment il en sortira. Si le juste est fils de Dieu, Dieu l'assistera, et l'arrachera aux mains de ses adversaires » (Livre de la Sagesse). Paradoxe de trouver chez Daniel une sorte d'attente passive, paisible. On imaginait la peur, l'angoisse face à la menace de dévoration : les gueules des fauves sont encore ouvertes. Pas de trace du passage de l'ange biblique qui devait les fermer. Pas de trace de Dieu, qui protège, laisse vivre celui qui le sert.

Le prophète siège au centre de la scène. Comme si l'épreuve était vaine, comme si elle n'avait pas de sens. Pourquoi devrait-il mettre son Dieu au défi ? Ne lui suffit-il pas d'espérer, de croire, d'aimer ? « Les âmes des justes sont dans la main de Dieu ; aucun tourment n'a de prise sur eux. Aux yeux de l'insensé, ils ont paru mourir ; leur départ est compris comme un malheur, et leur éloignement, comme une fin : mais ils sont dans la paix. Au temps de la visite de Dieu, ils resplendiront : comme l'étincelle qui court sur la paille, ils avancent. Qui met en lui sa foi comprendra la vérité ; ceux qui sont fidèles resteront, dans l'amour, près de lui. Pour ses amis, grâce et miséricorde : il visitera ses élus » (Livre de la Sagesse).
Prier avec le cœur du Sage, c'est ne pas se livrer à l'illusion des apparences, à l'impatience de la revanche…
« Que dire de plus ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Son propre Fils, il l'a livré pour nous tous : comment pourrait-il, avec lui, ne pas nous donner tout ? Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? Dieu est celui qui rend juste : alors, qui pourra condamner ? Le Christ Jésus est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, il intercède pour nous : alors, qui pourra nous séparer de l'amour du Christ ? la détresse ? l'angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le glaive ? Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. J'en ai l'assurance : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l'avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur ». (Romains 8).  Illustrations : Saint Trophime, Arles dans la Jérusalem céleste

 Saint Benoît sur Loire, Les justes accueillis par le Christ.