Notre-Dame de Pépiole Bienvenue dans notre chapelle

Cinquième rencontre biblique de janvier 2022

Réflexion et synthèse

Jésus dans la synagogue de Nazareth

Synthèse et approfondissement

 Synthèse en vidéo

Une lecture spirituelle de Luc 4, 16-30

Cette première parole publique de Jésus nous fait retourner à Nazareth. Justement, là où le Fils a appris à lire, auprès de Marie, sa mère que nous avons déjà visitée lors de l'Annonciation et surprise le Livre ouvert, posé sur ses genoux. Le tableau de cette « prédication inaugurale », dans la synagogue de Nazareth, fait pendant à celui de l'Annonciation.

Ce récit de Luc 4 met en perspective le Premier Testament dans le Nouveau, à travers une liturgie de lecture. Ce n'est plus l'Évangéliste Luc qui cite l'Ancien Testament, mais Jésus lui-même qui le prend dans ses mains. C'est un instant unique, très impressionnant : l'Annoncé saisit l'Annonce, l'Exégète (cf. Jean 1,18) fait l'exégèse de sa propre parole. C'est la seule fois dans le Livre où nous entendons Jésus lui-même en acte de lecture. Une Lectio divina dans l'Esprit qui repose dans le Livre et sur Jésus. Non seulement, nous lisons Jésus en son Écriture, mais plus encore, nous sommes invités à laisser Jésus lui-même lire l'Écriture en nous. Cela implique que nous lui cédions la place, que nous laissions au Verbe-Lecteur le temps, pour qu'il déploie, en nous, sa liturgie de lecture.

On pourrait dire : l'Évangile de l'Enfance se poursuit ici, car Jésus prend co-naissance de la Lettre du texte, immédiatement, dans la clarté de son regard, « incroyablement neuf » (Péguy). « Jésus se lève pour lire » et, à mesure qu'il lit, le sens se lève, comme le blé lève : c'est Noël, l'épiphanie du sens, la résurrection du sens !

« Jésus prend le Livre entre ses mains » comme, à la fin, il prendra le pain (Luc 22,19) : c'est le même acte, la même liturgie. Jésus prend le Livre comme son propre corps et, pris en de telles mains, le livre devient son Corps, Corps d'Écriture, Corps livré. Nul autre que lui, l'Agneau, n'est digne de prendre le livre (Apocalypse 5,9), n'est capable de le remplir, d'en faire pour nous, non pas un monument de bibliothèque, mais une présence réelle.

Jésus remet la Lettre du texte en liberté : le premier captif qu'il délivre c'est le sens (Isaïe 61,1 cité en Luc 4,18). Jésus n'abolit pas la Lettre (cf. « Je ne suis pas venu abolir », Matthieu 5,17), il ne disloque pas le texte, il ne le rend pas caduc. Mais, feuille après feuille, il en fait Présent et le libère en « Aujourd'hui ». Lorsque Jésus lit, c'est toujours l'heure, l'heure exacte : « Aujourd'hui, cette écriture est accomplie pour vous qui l'entendez » (4,21). Jésus remet tout le texte en liberté parce qu'il remet tout le texte au Présent. Un sel verset, cela suffit !

Jésus ouvre le Livre solennellement, dans une reliure de silence : silence avant la lecture, silence après ; le temps qu'il se lève et le temps qu'il s'assoie. « Il rend le livre au servant » : il nous le rend, à nous, il nous institue comme « serviteurs de la Parole » (Luc 1,2), au service du Christ. Il transmet le Livre aux disciples, à l'Église qui ne peut être l'armoire du Livre, mais la Mémoire vivante du Livre, dans l'Esprit : « J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez les porter maintenant. Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous enseignera toute la vérité » (Jean 16,12-13). Le Livre est remis sur les genoux de l'Église, en laquelle nous apprenons à lire à notre tour.

Or ce Livre, remis à Jésus, c'est un rouleau : Isaïe est mis en perspective en Luc, comme Luc était déjà mis en perspective en Isaïe. Circulations infinies de l'Ancien dans le Nouveau et du Nouveau dans l'Ancien. « Je vis, dans la main droite de Celui qui siège sur le trône, un livre roulé, écrit au recto et au verso » (Apocalypse 5,1). Ce Livre-Rouleau est une « Megillah », terme hébreu qui s'apparente à « Gallim », les « flots » de la mer.

« L'Esprit repose sur Jésus » (Luc 4,18 ; Isaïe 61,1), l'Esprit repose sur le Livre que Jésus tient entre ses mains. L'esprit repose sur le Livre comme sur les « eaux de l'origine » (Genèse 1,2), pour que le sens, la Parole émerge et devienne féconde. C'est par l'Esprit que la Vie apparaît dans le Livre, que le livre cesse d'être un manuscrit de la mer morte, pour devenir un Livre vivant, un milieu de vie, pour tous ceux qui s'y plongent avec allégresse. Ce Livre-là est fait pour « croître et multiplier » Genèse 1,28) : et notre lecture devient genèse, commencement toujours nouveau !

Jésus a mis la main au Rouleau : dans la tradition juive, on appelle « main », « yad », cette petite main ouvragée dont on se sert pour suivre les lignes du texte sacré. Jésus lit à main nue : il est la Main. Jésus met la main au Rouleau, comme Moïse avait « mis la main sur la mer » (Exode 14,16.21). Jésus seul peut nous faire traverser, nous rendre la lettre franchissable sans que nous nous perdions. Ce Livre-là nous rendra libres : et notre lecture, notre Lectio divina, se fera Exode, traversée pascale.

« Si donc le Christ est venu à cette fin principale que l'être humain connaisse à quel point Dieu l'aime, et qu'il Le connaisse afin de s'enflammer d'amour pour Celui qui l'a aimé le premier (1 Jean 4,10), et que l'être humain aime son prochain sur l'exemple de Celui qui s'est fait son prochain en l'aimant. Si, de plus, toute la divine Écriture, antérieurement écrite, le fut pour annoncer l'Avent du Seigneur, et si tout ce qui fut, par la suite, écrit dans les saintes Lettres, raconte le Christ et instruit de l'amour… Il est manifeste que la Loi en son entier et les Prophètes dépendent des deux préceptes de l'amour de Dieu et du prochain (Matthieu 22,40), mais encore tous les autres volumes des Lettres divines furent écrits, par la suite, pour notre salut et confiés à notre mémoire. C'est la raison pour laquelle le Nouveau Testament est caché dans l'Ancien, et l'Ancien Testament manifesté dans le Nouveau. » (Saint Augustin, La Première Catéchèse, IV, 8).

Pistes de réflexion

Pourquoi ne pas expérimenter la Lectio Divina, comme proposé de plusieurs façons dans le guide de lecture ?

Suite à ce temps de prière autour de la Parole, je peux me demander :

– Quel accueil je réserve à la Parole de Dieu ? Comment fait-elle écho dans ma vie ?

– Comment la Parole de Dieu devient-elle l'espace de ma prière ?

Fête de La Pentecôte

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Dimanche 19 Mai 2024 Messe à 10h30

 


Rencontres bibliques 2023-2024

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Mardi 14 Mai 15h-16h30 ou 18h30-20h

 


DIMANCHE 19 MAI à 10h30 – FETE DE LA PENTECOTE

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